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Commerce équitable
Un concert pour faire connaître le commerce équitable

vendredi 4 mars 2005
Par Sophie Caillat


Les stands de produits ou d’information sur le commerce équitable fleurissent dans les festivals alternatifs de musique, ce qui atteste d’une proximité de vues entre de nombreux musiciens et le commerce équitable, un creuset de valeurs solidaires qui doit permettre de lier culture et solidarité, gaiement.

En effet, la musique acccompagne la mouvance altermondialiste depuis ses débuts. De Gênes à Porto Alegre en passant par les manifs d’intermittents du spectacle, tout un genre musical alternatif, métissé, militant, s’est développé. Manu Chao parti sur les routes d’Amérique latine ne se prive pas de prendre la parole pour dénoncer, sur scène ou hors concert, les inégalités nord-sud et la misère dans laquelle le commerce international classique maintient les petis producteurs du sud.

De plus, les concerts sont classiquement un moyen de lever des fonds, comme l’a montré le festival Solidays organisé par l’association Solidarité Sida, les concerts des Enfoirés au profit des Restos du coeur ou plus récemment la campagne de solidarité en faveur de l’Asie touchée par le tsunami.

Ainsi, s’il n’existe pas à proprement parler de « musique équitable », certains genres musicaux comme le slam, les percussions (africaines ou latino), la samba et d’autres font bon ménage avec la mouvance du commerce équitable.

Inscrire le concert dans un cadre plus large

La chanson est un formidable vecteur pour passer des messages et les concerts un unique moment de convivialité, propice à la rencontre : les débats débordent rapidement du cadre de la salle. Un concert est donc un moyen, une occasion pour relier le débat sur la solidarité internationale à l’action culturelle de proximité. Vous étonnerez votre public en montrant que le commerce équitable ne consiste pas simplement à boire un café un peu plus cher mais est l’occasion de rassembler autour de valeurs et de faire la fête. Vous décloisonnerez les pratiques équitables, les sortant du cadre du seul commerce.

Une organisation à respecter

(JPEG) Les étapes d’organisation sont à peu de choses près les mêmes que pour un concert normal. Il vous faudra ainsi réunir un minimum de quatre personnes : un coordinateur, un responsable technique, un responsable communication interne/institutionnel, un responsable des relations avec la presse. En général, il est raisonnable de s’y prendre au moins deux mois à l’avance pour avoir une salle à disposition, délai variable selon la sale visée (salles gratuites à réserver dans les universités, les mairies, les paroisses / salle payante dont vous négocieriez le prix au nom d’un engagement solidaire). Comme pour tout événement un dossier technique de présentation devra être fourni aux partenaires. Côté technique, il vous faut généralement arriver avec un bénévole (étudiant ingénieur du son ou amateur éclairé) qui s’assurera de la balance et veillera au bon fonctionnement de tout le matériel de sonorisation (coordination avec les musiciens : quels instruments ? Besoins en branchements ? Micros et pieds, temps d’échauffement à prévoir ?).

Quels groupes choisir ?

(JPEG) La configuration idéale et la plus pratique est de faire venir un groupe pour la première partie et un autre pour tenir la « tête d’affiche ». Le choix des artistes est l’étape cruciale pour la réussite de votre événement. Pour les groupes déjà connus, venir animer une rencontre sur le commerce équitable sera le moyen de faire un geste solidaire et de mettre en pratique leurs valeurs, pour ceux qui ne sont pas connus, ce sera l’occasion de rentrer en contact avec leur public. On peut citer parmi les groupes et artistes engagés a priori prompts à soutenir la démarche du commerce équitable et à se produire pour sa promotion : les Fabulous troubadours, les Ogres de Barbac, Rachid Taha, Babylon Circus, King Riddim, Java, Marcel et son orchestre, les Têtes Raides, Massilia Sound System, Raspigaous, Ska-p, La rue Kétanou, les Wriggles, les Amis de ta femme, Joli Môme... d’autres que vous ne manquerez pas de découvir localement.

Pour quel public ?

(JPEG) La sélection du public est une autre clé de la réussite de l’événement.Vous communiquerez sur le double-aspect de votre événement, espérant toucher deux publics : ceux qui viendront par intérêt pour le commerce équitable et ceux qui viendront pour écouter un concert et qui ainsi entendront parler du commerce équitable et auront envie d’en savoir plus ou pas. Votre communication devra cibler ces deux messages : le concert en lui-même et son insertion dans un événement sur le commerce équitable. Les deux messages devront être visibles sur l’affiche, sans se brouiller l’un l’autre. Selon les lieux où seront plaquardées vos affiches, vous ciblerez tel ou tel public. En plus des étudiants de votre université ou école, vous pouvez souhaiter à cette occasion nouer des liens avec le milieu associatif ou économique de votre région : invitez alors en direct les associations de solidarité internationale ou les boutiques de commerce équitable, ... Vous pouvez imaginer une double campagne de communication, à destination du grand public et des étudiants potentiellement intéressés par un concert et à destination d’un public ciblé, associatif et académique, qui viendra par intérêt pour le commerce équitable et trouvera curieux et ludique l’idée du concert.

Retombées attendues

La musique, à l’instar d’autres événements comme un défilé de mode, peut être un moyen sympathique de réunir du monde pour parler d’un sujet trop souvent jugé sérieux, voire ennuyeux, comme le commerce équitable. Comme toujours, un bilan devra être tiré de l’événement. Il est toujours utile de tirer les leçons de ce qu’il faut éviter ou reproduire à l’avenir. L’évaluation prend généralement comme critères la fréquentation, la revue de presse et les remarques formulées par le public. Vous serez particulièrement attentifs à la lisibilité du message : le public venu au concert était-il en priorité attiré par la musique ou par l’événement commerce équitable ? La fusion attendue entre les deux publics a-t-elle eu lieu ? Les groupes invités se sont-ils impliqués dans les débats ? La musique était-elle en adéquation avec les goûts du public intéressé par le commerce équitable ? L’événement a-t-il permis des rencontres inattendues et fructueuses ?

 

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