WATER LILY : Projet Wild Waste - Fako Action (gestion intégrée des déchets ménagers et assimilés des entreprises)

vendredi 1er juin 2007
Par Stéphanie Prat


L’association Water Lily, créée en 2005 à l’initiative d’un groupe d’étudiants de l’ISE (Institut Supérieur de l’Environnement), est la lauréate 2007 du premier prix ISTOM Développement avec son projet « Wild Waste - Fako Action » : un projet de « gestion intégrée » des déchets ménagers et assimilés dans les quartiers d’Antananarivo à Madagascar.

(GIF) Antananarivo, capitale de Madagascar, compte près de deux millions d’habitants. La topographie de la ville, située sur des collines, et la forte densité de population rendent l’aménagement urbain très difficile.
Un service communal de gestion des déchets était chargé de collecter quotidiennement les 500 bennes de déchets ménagers réparties dans la capitale et de les déverser dans la décharge communale à ciel ouvert, non contrôlée, située à 7 km du centre ville.
Cette décharge, sur laquelle des hommes et des femmes viennent prélever certains déchets pour les revendre, représentait également une source de risques sanitaires et environnementaux.
C’est en s’appuyant sur ce constat et sur les données recueillies par la présidente de l’association lors d’un stage à Antananarivo, que l’association Water Lily a impulsé le projet « Wild Waste- Fako Action ».

Ce projet a démarré en 2006 : au cours des 6 premiers mois de présence sur le terrain (de janvier à juillet 2006), les membres de l’association ont eu l’occasion de mettre en place plusieurs actions sur deux « sites pilotes » (le quartier d’Amboniloha et la zone industrielle d’Ankorondrano) - des actions variées mais abordant l’ensemble des dimensions d’un projet de tri et de valorisation des déchets - à savoir :
-  des actions de sensibilisation auprès de la population sur les impacts environnementaux, sociaux et sanitaires liées à une mauvaise gestion des déchets : 8000 personnes (générant 2,5 tonnes de déchets par jour) ont ainsi été sensibilisés ainsi que 2200 élèves des écoles primaires
-  la mise en place d’un « tri à la source » (séparation des déchets selon leur nature) dans les foyers et d’un système de « pré collecte » (mise en place de 90 bacs de ramassage) à proximité des habitations
-  l’organisation d’un système de collecte (ramassage et acheminement des déchets vers un centre de traitement) pour les déchets ménagers mais aussi auprès des entreprises partenaires (8 au total ont déjà manifesté leur intention de travailler avec Water Lily)
-  l’initiation d’une réflexion, avec les pouvoirs publics malgaches, sur la mise en place d’une filière de traitement et d’un cadre juridique officiel sur la gestion des déchets

(GIF) Water Lily souhaite aujourd’hui finaliser ce circuit en travaillant au traitement et à la valorisation de ces déchets par l’intermédiaire d’un centre de tri.
L’association possède déjà un terrain de 4000 m2 sur lequel elle projette de faire construire une station de compostage et de sélection. Ils ont déjà poussé leur réflexion sur la manière de valoriser les différents déchets collectés. Les déchets fermentescibles seront compostés et revendus sous forme d’engrais. Les papiers cartons et les plastiques seront recyclés par des sociétés spécialisées, les métaux revendus aux chaudronniers. Quant aux déchets non valorisables (qui représentent entre 5 et 10 % du total), ils seront déposés dans une benne spéciale.
Water Lily travaille encore, en partenariat avec le Ministère de l’Economie, du plan, du Secteur Privé et du Commerce, à rechercher des débouchés pour les déchets industriels ainsi que sur la problématique des piles.
L’association souhaite également inciter les entreprises à se regrouper en collectifs et d’unir leurs moyens pour mettre en place des filières spécifiques d’élimination de leurs déchets.

C’est pour financer la construction de cette unité que Water Lily a sollicité la subvention du prix ISTOM.
S’inscrivant dans une démarche de développement durable et d’autonomisation des populations, Water Lily travaille avec tous les acteurs de terrain : les habitants, les industries, les ONG (en particulier l’ONG ENDA OI avec laquelle ils ont établi une convention de partenariat), l’ensemble des populations qui vivent de la récupération des déchets et bien évidemment le gouvernement malgache pour initier des lois et des règlements encadrant l’intendance des déchets.

(GIF) La bonne gestion de déchets (récupération et valorisation) est aujourd’hui une priorité mondiale : elle améliore évidemment les conditions de vie et de santé des populations mais peut être aussi génératrice de revenus par la création d’emplois. Le jury du prix ISTOM ne s’y est pas trompé.
Water Lily prend soin cependant de ne pas accentuer les disparités économiques au sein de la populations et œuvre en concertation permanente avec les habitants en suscitant leur accord, leur adhésion au projet mais aussi la « participation volontaire et engagée » de la société civile et des collectivités locales.
Elle s’appuie aussi sur la formation des habitants (par des actions de transferts de savoir-faire et de techniques) et a même pris la décision d’embaucher un salarié local, responsable du programme et référent permanent de l’association.

Avec le projet « Wild Waste », Water Lily donne un exemple concret de la possibilité d’allier respect de l’environnement et développement économique qui mérite d’être encouragé et pris pour modèle.
Dans les pays du Sud certes, mais en France aussi : pour mémoire, un malgache génère 114 kg de déchets par an contre 400 kg pour en un français, d’où la nécessité de sensibiliser ici aussi et de réfléchir à notre comportement quotidien et nos modes de consommation. Le tri, ici aussi, c’est important !


Plus d’info :
-  waterlily_association@yahoo.fr
-  http://waterlily78.skyblog.com/

(GIF)

 

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