Conseils et formation

Comment assurer la pérennité de votre projet de SI ?

Les projets de solidarité internationale doivent perdurer au-delà des personnes qui les ont mis en place. La question de la pérennité est fondamentale puisqu’elle renvoie à la fois à l’efficacité et l’utilité de votre collaboration. Ainsi, une question s’impose  à vous: comment ancrer vos actions dans la durée ?

La question de la viabilité et de la durabilité de votre projet doit se poser dès son élaboration, ce qui implique de penser et de planifier le désengagement de votre association. En effet, mener un projet de solidarité internationale consiste à travailler dans une optique d’autosuffisance et d’autogestion.

Le critère de durabilité permet de savoir dans quelle mesure les bénéfices résultant de l’action mise en place continuent-ils après la fin de l’intervention de votre association.

D’où les éléments suivants à prendre en compte dans le montage de votre projet:

  • Son appropriation et sa prise en charge par les partenaires locaux et les bénéficiaires au moment du désengagement de votre association
  • Son ancrage dans les politiques publiques locales
  • Sa viabilité économique

1. Comment assurer la réappropriation et la prise en charge de votre projet par les acteurs locaux ?

La population locale doit pouvoir se réapproprier le projet afin de prendre en charge intégralement sa mise en œuvre et d’assurer sa viabilité. Cet objectif a donc de meilleures chances d'être réalisé si le projet suit une approche participative, à savoir une implication à la fois de vous, des partenaires et des bénéficiaires, dans toutes les étapes.

De plus, il est important de noter qu’un projet  préexistant et porté par une structure  ou un groupement de personnes local(e)  aura plus de chance d’être viable. Dans ce cas précis, le rôle de votre association sera donc de soutenir et d’appuyer cette initiative.

Quelques pistes de réflexion:

  • Créer un partenariat avec une structure plutôt qu’avec un individu isolé.
  • S’assurer de la disponibilité du personnel de cette structure locale enclin à continuer les activités promues par le projet.
  • Identifier des personnes ressources de la communauté capables de prendre la relève et la responsabilité de la totalité des activités.
  • Renforcer les capacités de vos partenaires et/ou des habitants notamment par des échanges de compétences (gestion financière, organisationnelle etc…)
  • Utiliser des techniques appropriées et adaptées à la réalité locale.
  • Transmettre l’ensemble des documents afférents au projet là bas pour un maximum de transparence : les objectifs globaux et spécifiques, les résultats attendus, les difficultés rencontrées, le calendrier de réalisation, les moyens humains, techniques, financiers, le suivi, les rapports d’étape d’évaluation, etc...

2. Comment ancrer votre projet dans les politiques publiques locales ?

Il est primordial d’ancrer votre projet dans les politiques publiques. Vous devez prendre en compte le positionnement local et national du pays d’intervention sur votre thématique d’action.

Quelques pistes de réflexion :

  • S’informer sur les politiques publiques nationales, régionales et communales.
  • S’assurer que le projet s’inscrit dans une dynamique locale.
  • Prendre en compte l’aspect politique du projet, à savoir le choix de société qu’il défend.
  • Impliquer les institutions et établissements publics locaux (Préfecture, Mairie, Hôpital, Ecole…)
  • S’appuyer sur des organisations de la société civile locale : votre partenaire doit pouvoir faire le lien avec d’autres acteurs travaillant dans le même domaine d’action que vous, par exemple en vue de développer une action de plaidoyer commune.

3. Comment assurer la viabilité économique de votre projet ?

Les financements accordés sont le plus souvent attribués pour une durée déterminée, et vont rarement deux fois au même projet. Comment faire donc quand on a épuisé toutes ces ressources ?

Quelques pistes de réflexion :

  • Mettre en place des actions génératrices de revenus (AGR) qui permettront d’autofinancer le projet, tout du moins une partie.
    Attention ! La mise en place d’AGR peut constituer un projet à part entière ce qui nécessite une étude de faisabilité spécifique. (fiche pratique en construction)
  • Demander une contribution des bénéficiaires, même minime est souvent nécessaire pour faire fonctionner les activités mises en place. Il est important de garder à l’esprit que les systèmes qui fonctionnent et qui durent sont ceux qui demandent peu de moyens financiers. En effet, des coûts trop importants engendrent l’exclusion et peuvent créer des conflits, des clivages au sein de la population.
  • Encourager et soutenir son partenaire dans la recherche de fonds au niveau local.

4. Et ici ?

Le projet ne s’arrête pas à votre action là-bas ! De retour en France vous pouvez :

  • Mener des actions de sensibilisation et d’éducation au développement.
  • Lier votre projet de solidarité internationale en vous impliquant dans des actions de solidarité locale dans la même thématique.
  • Mener et/ou participer à des actions de plaidoyer.

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