Des mandats pour faire émerger la place des étudiants dans la solidarité internationale

Les jeunes et la globalisation : une nouvelle culture de l’international !

Avec la médiatisation de la mondialisation et l’émergence de crises multiples globalisées, qu’elles soient de nature écologiques ou économiques, les jeunes citoyens du Nord comme du Sud ont pris conscience de l’interdépendance de leurs existences et de la nécessité de chercher et construire ensemble des solutions globales.

La place grandissante qu’occupent aujourd’hui les questions de développement durable, de relation internationale et de migration dans le débat public des pays du Nord notamment, renforce cette acuité des jeunes pour les questions transversales de solidarité internationale.

De la prise de conscience à l’action.

Parmi les nombreux champs d’action investis par les associations étudiantes, la solidarité internationale est de loin l’un des plus plébiscités, représentant plus d’un quart des engagements étudiants. Les acteurs de la solidarité internationale et de l’éducation au développement qui se trouvent au plus près de l’engagement des jeunes estiment que le nombre de jeunes français partant sur des projets solidaires au Sud, se situe aux alentours de 50 000 (selon France Volontaires), tous statuts confondus (bénévoles ou volontaires). Depuis le début des années 90 et jusqu'à ce jour, ce phénomène s’amplifie chaque année. La nature de ces initiatives est extrêmement variée : programmes d’éducation, de culture, de développement local, de prévention santé, échanges interculturels…

L’intérêt et l’engouement des jeunes et des étudiants pour les enjeux de solidarité internationale se matérialisent dans deux grands champs d’action : les micro-projets de développement au Sud et l’éducation au développement au Nord.

Une envie d’agir pas toujours bien accompagnée.

S’il est essentiel de soutenir et d’encourager cette envie d’agir, il faut également accompagner ces jeunes porteurs de projets afin qu’ils soient en capacité de mener des projets pertinents, efficaces et fondés sur les intérêts réels des pays et des bénéficiaires. En effet, beaucoup de jeunes sont mal préparés. Ainsi, à peine un jeune sur quatre est formé en amont d’un projet de terrain au Sud par un acteur de l’EAD. Cet accompagnement, en amont mais aussi à la suite d’une expérience de terrain, est pourtant essentiel dans la réussite d’un projet, quel qu’en soit l’ampleur, car il ne fait pas de doute que le manque de préparation conduit à un impact nul, voire négatif des projets mis en œuvre.

En finir avec le « concevoir ici et réaliser là-bas ».

Afin de s’assurer de l’adéquation des initiatives étudiantes avec les besoins effectifs des populations et de l’inscription des projets dans une démarche de construction concertée des projets, il est crucial pour les associations de se situer dans une dynamique partenariale avec des acteurs locaux. Cependant, la mise en lien avec les acteurs associatifs dans les pays du Sud se révèle bien souvent difficile. En effet, il existe peu de cadres d’échanges sécurisés et la mise en relation des projets et des compétences est souvent aléatoire. Faute d’outils adaptés, jeunes du Nord et jeunes du Sud n’exploitent pas toutes les possibilités pour travailler ensemble et peinent réciproquement à trouver un partenaire fiable et de qualité.

Trop peu de lien avec les acteurs institués de la solidarité internationale.

D’un côté, les ONG de jeunes agissent peu en lien avec les autres acteurs associatifs et institutionnels français et européens de solidarité internationale et sont quasiment absents des programmesnationaux et internationaux, y compris ceux qui sont centrés sur la thématique « jeunesse ». De nombreux témoignages de jeunes membres du réseau E&D expliquent ne pas avoir trouvé leur place au sein d’ONG instituées. En tant que jeunes, leurs idées et conceptions du développement de même que leur envie d’agir n’étaient pas toujours pris au sérieux.

De l’autre côté, les ONG instituées peinent à toucher massivement cette classe d’âge, faute d’une stratégie visible et durable en leur direction. Selon leur propre discours, cette séparation est préjudiciable aussi bien aux organisations établies, qui craignent un affaiblissement de leur base militante, qu’aux organisations de jeunes qui se privent d’un réseau d’acteurs disposant de nombreuses ressources, d’une multitude d’expériences et de possibilités d’actions.

Dans ce contexte, Etudiants & Développement est très souvent sollicité pour être un tisseur de liens entre les organisations de jeunes et les ONG instituées. Investie depuis longtemps sur la question de l’engagement des jeunes, la tête de réseau joue un rôle de premier plan dans les actions d’information, de sensibilisation et de mobilisation du public étudiant.

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