Historique d'Etudiants et Développement
Etudiants & Développement (E&D) est né dans les années 90 dans le sillon d’une génération qui a porté un engagement croissant sur les questions internationales, notamment sur le mode de l’action.
La naissance : un centre de ressources et de formations (1993)
Une fraction de cette génération s’est rapidement aperçue des travers récurrents du mode d’intervention étudiant et jeune. Pour y remédier, ils ont pensé E&D comme un centre de ressources et de formations, capable d’accueillir le plus grand nombre d’étudiants, à la fois ceux qui se posent des questions sur le développement, mais aussi ceux qui ne s’en posent pas du tout. Ainsi, formant près d’un millier de jeunes par an depuis 1993, l’organisation a modestement contribué à transformer les principes d’actions de plusieurs centaines d’organisations étudiantes sur les champs de la solidarité internationale, de l’éducation au développement et de la citoyenneté. Au tournant des années 2000, E&D s’est constitué en réseau d’associations étudiantes et s’est doté d’une gouvernance originale : 16 associations étudiantes ou jeunes, élues pour un mandat de deux ans renouvelable chaque année par moitié, définissent les axes d’intervention et les principales activités du réseau. En somme, une association de jeunes pour les jeunes qui s’est choisie un mode d’organisation particulièrement souple et horizontal : le réseau relie toutes les organisations signataires de la charte1, lesquelles, à leur mesure, contribuent selon leurs ambitions propres et leurs moyens aux objectifs partagés, mais conserve leur autonomie et leur liberté d’action pour réaliser leurs projets, bâtir leurs partenariats et défendre leurs idées.
La refonte du projet : le réseau des associations étudiantes de solidarité internationale et d'éducation au développement (2005)
A partir de 2005, E&D prend l’habitude d’inviter de jeunes leaders, associatifs ou syndicalistes de tous pays, lors de ses temps de rencontres et de formations. Souvent proches des organisations d’étudiants internationaux membres d’E&D, ils portent des messages qui entrent en résonance avec les réflexions des étudiants les plus actifs au sein du réseau. Une majorité des projets de jeunes est encore portée par l’inusable logique du « concevoir ici, réaliser là-bas » avec tous les travers d’ingérence et d’ethnocentrisme qui lui sont inhérents. Pour d’autres, le partenariat est parfaitement intégré, mais les outils de mise en lien sont inexistants. En effet, il existe peu de cadres d’échanges sécurisés et la mise en relation des projets et des compétences est souvent aléatoire (« partenaires google »). Faute d’outils adaptés, jeunes de cultures différentes n’exploitent pas toutes les possibilités pour travailler ensemble et peinent réciproquement à trouver un partenaire fiable et de qualité. Pour nous deux constats clairs : i/la nécessité de renouveler les pratiques et de travailler sur les mentalités au nord comme au sud s’impose ii/l’objectif d’ouvrir le réseau à d’autres réseaux à l’international.
Le commencement du projet international (2008)
Dès 2008, le projet à l’international se met en place, notamment à travers des partenariats ciblés avec des organisations de jeunes ou des structures d’accompagnement de la vie associative. De rencontres en rencontres, des outils de mise en relation s’élaborent, notamment grâce à l’invention du Carrefour des projets, qui met en lien des porteurs de projets, de 6 réseaux, burkinabè, guinéens, marocains et français.
La participation active à des programmes concertés pluri-acteurs dont la jeunesse est l’axe majeur, principal ou unique est également l’une des priorités du réseau, qui prend même des responsabilités dans le programme concerté Guinée puis Maroc.
La multiplication des échanges entre jeunes leaders associatifs de tous pays ranime alors le projet de la construction d’une parole commune sur les questions de développement en lien avec l’enjeu de la citoyenneté des jeunes. La recherche d’une méthodologie qui permette l’élaboration de propositions communes à des jeunes de deux cultures différentes est l’occasion d’un travail expérimental avec notre partenaire burkinabè autour du premier jury-citoyen transnational dont l’expérience est capitalisée à la fois en France et dans plusieurs pays d’Afrique. L’expérience est renouvelée et transformée à la fois par des jeunes africains dans leur contexte, mais aussi par des jeunes français membres du réseau qui y voient un outil pertinent pour la co-construction d’un projet.
Dans cette dynamique, E&D, en lien avec ses partenaires marocains, guinéens et burkinabè, co-organise un atelier au Forum Social Mondial de Dakar début 2011 intitulé, "Droit et développement: la méthode du jury citoyen pour un discours de la jeunesse". L’atelier, riche de la participation de plus de 60 participants réguliers de 14 nationalités, a permis d’affiner la perspective de l’engagement international d’E&D qui s’articulerait dans un horizon de 2-3 ans de la façon suivante :
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La mise en réseau de réseaux de jeunes engagés à l’échelle internationale, à la fois pour penser des complémentarités en terme d’action mais aussi pour construire une parole commune, support de campagnes et de prises de position.
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L’acte fondateur serait l’adoption d’une charte de principes d’action sous la forme d’une conférence de consensus.
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La création d’une plate-forme d’échanges d’idées, de compétences et de projets peut-être également l’un des premiers objets.
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Enfin, rapidement, ce réseau de réseau doit pouvoir alimenter des campagnes percutantes, en particulier auprès de la société civile et de parties ciblées de l’opinion publique, mais aussi de certains décideurs politiques.
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