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Interview du lauréat du Concours Logo

Alex Colin, dont le logo est arrivé en tête des votes lors du Concours Logo pour la campagne IDées, se présente et présente sa démarche et son engagement pour la solidarité internationale.

 

Présente-toi en quelques mots !

Je m'appelle Alex Colin, j'ai 22 ans, j'habite en Franche-Comté et je suis actuellement en stage de fin de formation Eco-Interprète, une formation de « chef de projet en ingénierie de l'éducation à l'environnement ». Je travaille plus particulièrement sur la conception d'une formation à destination d'entreprises, d'élus et d'associations sur le thème de la transition vers la société de l'après-pétrole. Et il y a du boulot !

Pourquoi avoir participé à notre concours ?

Le dessin est un loisir depuis de nombreuses années, et depuis 5 ou 6 ans, je m'intéresse à l'infographie. M'étant auto-formé, je suis loin d'être un professionnel, mais je me fais plaisir en créant quelques logos ou affiches pour des amis. Quand je vois un concours, comme celui d’Étudiants & Développement, me passer sous le nez et que le thème me plaît, j'y participe si j'ai le temps !

Comment as-tu réalisé ton logo ? Quelles idées as-tu voulu transmettre derrière l’image ?

J'ai fait plusieurs essais au crayon, sur papier, en essayant de mettre en image les mots-clés du cahier des charges comme "échanges", "solidarité", "réseau", "action", "campagne participative". Quand j'ai trouvé quelque-chose qui me convenait dans l'esprit, je l'ai retravaillé, et mis au propre au stylo-feutre noir, scanné et mis en couleur par informatique.
Par cette image, j'ai voulu mettre en avant l'action collective, la mutualisation et la mise en synergie des projets pour faire évoluer la société, afin qu'elle fasse davantage écho aux valeurs de partage, d'égalité et solidarité. Même si nous n'avons pas la prétention de pouvoir « changer le monde », chaque dynamique est importante, et on sous-évalue régulièrement l'impact des actions collectives.

Es-tu personnellement engagé ou intéressé par la solidarité internationale ? As-tu un projet ou une action que tu comptes mener ?

J'ai fait partie d'un projet de chantier solidaire, dans le Haut-Atlas marocain en août 2011, avec un groupe constitué d'amis et de jeunes. Pendant une quinzaine de jours, nous avons alterné des temps d'échanges avec les habitants, participé aux travaux collectifs (remise en état de chemins dans le village, curage des canaux d'irrigation après l'orage...) et découvert les paysages.
On m'a proposé en septembre dernier d'intégrer le Réseau Jeune Afrique Asie, porté par le ministère de l'agriculture, qui organise des rencontres pour préparer les jeunes partant vers ces deux continents, en travaillant notamment sur la rencontre interculturelle. J'ai décliné du fait de mon indisponibilité liée à ma formation, mais j'espère bien m'y investir pour la prochaine session !
Ainsi j'espère créer davantage de liens entre solidarité internationale (ou éducation au développement) et éducation à l'environnement, car les ponts entre ces deux pôle d'éducation populaire ne sont pas assez empruntés. De nombreux outils très pertinents sont construits dans chaque milieu mais rarement diffusés dans l'un et l'autre, alors qu'à mon avis, ils sont intimement liés, notamment sur la question du partage des richesses.

Quelles sont tes idées pour imaginer différemment les échanges et l’engagement solidaire ?

Comme je l'ai entendu lors d'une conférence il y a peu : « On ne devrait pas parler de pays riches et de pays pauvres, mais de pays enrichis sur le dos de pays appauvris ! » Jean-Claude Besson-Girard (peintre, écrivain et directeur de la revue Entropia).
Pour moi, il faut repenser le développement de façon profonde, nous sommes la génération ayant le confort matériel le plus important, mais les crises écologiques et énergétiques signent la fin de la société de consommation. Le modèle occidental actuel n'a pas que des défauts, mais je pense que ses effets pervers sont niés en grande partie.
Les échanges Nord/Sud devront évoluer énormément dans les années à venir, il faut qu'ils deviennent riches humainement et culturellement, et plus limités à un apport économique unilatéral, le risque de conflits géopolitiques pour l'accès au ressources est trop important pour laisser de coté ces relations.
Sur l'engagement solidaire, je pense qu'il faut s'attacher à sensibiliser sur l'impact de nos choix de consommation, au Nord, sur les pays du Sud ; ainsi il me semble que les luttes à avoir prioritairement dans les pays du sud, sont celles contre l'accaparement des terres (notamment avec le développement des agrocarburants). Il est inacceptable d'utiliser des terres arables pour nous permettre de rouler chacun dans sa voiture individuelle, alors que plus d'un milliard de personnes souffrent de malnutrition.
Concrètement, il faut engager la relocalisation dès maintenant, permettre aux territoires du Nord comme du Sud, d'acquérir une autonomie importante, sans basculer vers l'autarcie. D'après moi, la relocalisation se fera force ou de gré, préparer celle-ci dès maintenant ne peut être que bénéfique, car en cas de crise majeure, les moins aisés sont toujours ceux qui souffrent le plus.
Enfin, malgré le fait que les changements à venir peuvent faire peur, je pense qu'un futur avec moins d'énergie, de consommation, d'individualisme, mais plus de convivialité, de sobriété et de solidarité peut être préférable au présent.

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